Et éveillent les consciences...
PAR ÉMILIE SKRZYPCZAK
tourcoing@lavoixdunord.f Une salle de classe, composée d'une quinzaine d'élèves de 4e, plongée dans le noir. Un clip vidéo aux couleurs chatoyantes et à la musique entêtante projeté au tableau. C'est le monde merveilleux de Lali. Celui où il n'y a ni cancer, ni thérapie.
Les lumières se rallument : « Vous venez de voir la dernière campagne de pub de la Ligue contre le cancer », martèle l'intervenant, Frédéric Boute, chargé de la prévention auprès de la Ligue. Retour poignant dans le vrai monde où les campagnes de sensibilisation et de prévention explosent. C'est pourquoi, depuis trois ans, Frédéric intervient auprès des collégiens pour leur expliquer les objectifs de l'association, définir la maladie, ce qui la favorise. Là est le message : prévenir en pointant du doigt les causes (alimentation trop riche, abus d'alcool, exposition au soleil...). Sans oublier le tabac. Cette « usine chimique » qui contient environ « 4 000 composants chimiques ». Cet « explosif » qui tue 66 000 personnes chaque année en France.
Pas un bruit dans la salle. Les mots et les chiffres résonnent dans les têtes, appuyés par des images qui, elles, détonnent. « Nous voulons que les collégiens prennent conscience des dangers du tabac, qu'ils comprennent toute la stratégie des industriels », explique l'intervenant bénévole.
Depuis quatre ans, ils sont une cinquantaine comme lui à investir pendant plusieurs jours une vingtaine de salles de classe pour éveiller les jeunes consciences citoyennes. « Chaque classe rencontre trois ou quatre partenaires par jour et a ainsi accès à plusieurs thèmes », explique Dominique Lantiez, principale et porteuse du projet. « Ce qui est intéressant pour eux, c'est que chaque intervention est en lien avec leur programme, ce qui leur permet de valoriser leur projet et d'en créer d'autres. Nous avons organisé par exemple une rencontre entre les élèves de 3e qui passent leur ASSR (attestation de sécurité routière) cette année, et l'association « victimes et citoyens » », poursuit-elle.
Quelques classes plus loin, chez les 6e. Ici, avec les intervenants de l'association Léo Lagrange (lire ci-dessous), ça parle discrimination, vandalisme, violence physique ou verbale. Chaque groupe doit réfléchir et s'exprimer sur des phrases à connotations violentes. « On ne cherche pas à leur inculquer trop de choses, On veut surtout éveiller leur esprit critique ! », explique Frédo, l'une des animatrices.
Et il faut croire que cela fonctionne. Selon une enquête d'ambiance réalisée auprès des élèves, ils seraient plus de 40 % à dire avoir appris à apprendre, et à travailler autrement.
> Fin de l'opération ce vendredi.