Des yeux rivés sur l'objectif qui trahissent une grosse volonté et un énorme orgueil... : La Voix du Nord PAR DIDIER PARSY
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Une volonté qui n'a pas échappé à Frédéric Delcambre qui connaît particulièrement bien le pistard roubaisien, l'ancien gamin du Vélo-club de Roubaix.
À l'époque où Arnaud n'était pas ce qu'il est devenu, « Fred » - sous les conseils de Jacques Desnoulet - vit rapidement qu'il était en possession d'un oiseau rare, au Sport-études de Maxence Vandermeersch.
Pour rapidement résumer le personnage, l'homme Tournant, Delcambre n'y va pas par quatre chemins et ne tourne pas autour de l'anneau.
« C'est un monstre d'orgueil et de volonté. Au départ, Arnaud n'était pas celui qui éclaboussait de classe sa génération. Il n'a pas suivi la filière traditionnelle, mais je pense que c'est justement ça qui a aidé à sa longévité. » À 30 ans, Arnaud Tournant participera donc à ses troisièmes olympiades, après Sydney (2000) et Athènes (2004).
Son ancien entraîneur est ainsi assez impressionné par le fait qu'il s'engage dans le keirin, cette discipline d'origine japonaise dont l'issue demeure toujours très aléatoire. « Il faut d'abord passer les séries sans se casser la gueule, explique Delcambre dans un langage cru.
Le keirin, c'est comme Paris - Roubaix : c'est toujours un costaud qui gagne. C'est le champion qui, le jour J, a tout. Finir sa carrière en s'engageant sur le keirin, je trouve qu'il faut avoir des c... Arnaud, c'est un mec que j'ai toujours adoré, parce que ce n'est pas un tricheur, ni avec lui-même, ni avec les autres... » Delcambre sait que les mois de Tournant-le-champion sont comptés. Il se souvient ainsi d'une jeunesse où la future étoile du cyclisme français n'a jamais lâché. « C'est vrai qu'avec lui, ça valait le coup de s'investir. Il s'est souvent préparé seul. Je me rappelle aussi de ces entraînements du côté de Willems où, sur les routes, je traçais de longues lignes droites à la craie. Et nous enchaînions des 500 m et de ces séances de kilomètre.
» Mais à force de pulvériser les chronos, il a fini par se faire un nom. « Un jour, raconte Delcambre, je suis allé voir Gérard Quintyn, l'entraîneur national, à l'insu de tout le monde. Il a fini par le prendre. » Enrôlé à l'Insep, le Roubaisien s'est alors forgé un palmarès en béton armé sur le plan international. Étonnant.
« Au départ, reprend son ancien mentor, il fait pour le "kilo". Sa chance est que la vitesse a énormément évolué. Maintenant, la vitesse, c'est de la force pure et la capacité de rouler vite. » Alors, encore des médailles ?
« Pour ce qui est de la vitesse par équipes, les Français seront favoris, mais ça va être chaud... » Pour le reste, Arnaud Tournant comptera avant tout sur sa forme du moment... et sa bonne étoile. Après l'or (2000) et le bronze (2004) olympiques, une nouvelle « breloque » ne dépareillerait pas dans la vitrine ou sur la cheminée...